Petite enfance
Il faisait chaud dans la chambre au troisième étage de la maison, quand Laure pointât le bout de son nez.
C’était un samedi soir du mois d’août 1942, la journée avait été longue pour Thérèse, elle avait rangé avec un acharnement bizarre, tous les tiroirs de la maison,ce qui fit dire à Catherine la voisine « Pichoto aco sara pèr ben lèu»1. Thérèse ne le croyait pas, car elle était descendue avec sa chaise après le souper pour s’asseoir avec les voisins et voisines afin de prendre un peu d’air frais. Les premières douleurs la surprirent et Catherine qui faisait office de sage femme en attendant le médecin lui de conseilla de remonter.. Le bon Dr B.... eut juste eu le temps d’arriver, qu’en cinq poussées, aidée par sa voisine, Thérèse mit au monde sa fille Laure, dés ses premiers cris le bébé manifesta son appétit de vivre.
Adossée au coussin, dans des draps blancs, frais et propres, Thérèse avec amour regardait son bout de chou, qui faisait des bruits de succions avec la bouche en cherchant son sein. Paul le papa, admirait la merveille qui venait agrandir sa petite famille, André le grand frère de treize ans son aîné fut autorisé à venir la voir. « Elle ressemble à un pruneau » dit-il à Huguette une des voisines, qui étaient venues chacune à son tour faire connaissance de la nouvelle habitante de la rue neuve. "Pruneau" ce surnom allait la suivre longtemps, car la petite tête de Laure était couronnée de duvets noirs, elle avait la peau rouge et fripée, les langes blancs faisaient ressortir son teint mat de bébé du sud.
Dés sa naissance, Laure manifesta un caractère de lionne, volontaire, têtue, un peu cabocharde, charmeuse aussi .... comme son signe zodiacal le laisser présager.
Elle grandit entre sa famille et tout le petit monde de la rue neuve du quartier Saint Louis.
Les premiers mois furent difficiles pour tous, Laure pleurait la nuit empêchant ses parents et son frère de dormir, chacun y allait de conseils « il faut la laisser pleurer, elle s’épuisera et finira par s’endormir» disait Mme M..... une des voisines, Catherine suggérait qu’elle avait faim et qu’il fallait qu’elle tète souvent et Thérèse s'épuisait à lui donner le sein, la petite tétait goulûment et finissait par s’endormir dans les bras de sa maman, et cela durait depuis deux mois.
Le jour de son baptême dans l’église St louis, elle fût baptisée en même temps qu' un autre bébé fille du quartier, Colette née trois jours avant elle et lors de la cérémonie , les mamans déposèrent les bébés sur l’autel de la vierge et désespoir de Thérèse, Laure était bien trop menue à côté de l’autre enfant. De retour chez elle, maman fit venir le docteur, qui fit peser Laure avant et après la tétée et décréta que le lait de Thérèse n’était pas assez nourrissant, il suggéra de la nourrir au biberon et au lait de vache., et à partir de ce moment là, elle s’apaisa, cessa de pleurer et pris du poids régulièrement … au grand soulagement de toute la famille.
Son enfance se passa dans la même maison, dans la même rue, dans le même quartier Saint Louis de la même petite ville du Languedoc où elle était née.
Paul travaillait à la SNCF dans les sous-stations des gares et était souvent en déplacement, il faisait vivre sa famille comme il pouvait, gros travailleur il passait son temps de repos à cultiver un jardin à quelques kilomètres de la maison, au bord de " Mare" ( une petite rivière affluent de l'Orb), et une petite vigne à Canet qu’il avait héritée de ses parents. Malgré cela la famille ne roulait pas sur l’or, mais il ne manquait de rien pour manger, Paul chasseur, pêcheur… un peu braconnier aussi, subvenait aux besoins courants. Pour arrondir les fins de mois, Thérèse fit des ménages chez des personnes du quartier quand Laure fût plus grande. André le grand fils cessa les études et voulut devenir boulanger, il alla en apprentissage chez un boulanger du quartier de la ville, de ce fait la petite fille fût souvent seule et elle affirma très tôt un caractère indépendant... ce qui tracassa un peu ses parents.
Laure adorait sa maison.
Locataires de l’appartement qu'ils occupaient au troisième étage de l’immeuble où ils habitaient, le petit appartement, oh! juste quatre pièces, dont deux les plus petites sans fenêtres qui servaient de chambres aux enfants.
Sur le pallier, un réduit tout en longueur avec un petit «fénestron»2 au ras du sol sans vitre . Tout au fond prés de la source de lumière un seau hygiénique , il faut dire que la maison n’avait pas les commodités. Cette réssere était sans autre lumière que celle donnait par la minuscule fenêtre, on y trouvait une multitude d'autres ojets , balance romaine pendue au mur, épuisettes, cannes à pêches des hommes de la famille, pots de terre vernissés contenant, olives, tomates, huile, panier à salade dans lequel maman mettait les oeufs, un carton qui gardait à l'abri de la lumière les pommes de terre du jardin, dans une énorme caisse de bois trouée dans le bas les boulets de charbon ,que l'on prenait avec une pelle de fer et qui servaient à alimenter la cuisinière qui servait au chauffage et à la cuisine .
1: "Petite ce sera pour bientôt"
2: "vasistas"
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Alors j'ai eu un cahier brodé pour noter mes secrets culinaires, un tablier aux couleurs de la
Suisse, ainsi qu'un livre sur les expressions provençales, car elle sait que je milite pour la langue d'OC